Filtres de VMC

Le détracteurs de la VMC double flux argumentent souvent contre ce système à cause des filtres, que ce soit leur coût ou la maintenance nécessaire. Il est vrai que toutes les VMC double flux sont filtrées, pour deux raisons principales : la première est la nécessaire protection de l’échangeur de chaleur contre la poussière, afin qu’il garde toute son efficacité dans le temps, la seconde est qu’il est possible et bénéfique de filtrer l’air entrant avec une VMC double flux, alors que c’est bien plus complexe avec une VMC simple flux.

Avec une VMC double flux installée correctement, les filtres sont aisément accessibles et faciles à changer. Avec une VMC simple flux, il faudrait accéder à chaque ouverture d’amenée d’air et au caisson de ventilation, souvent bien caché. A défaut de filtrer chaque bouche d’arrivée d’air, il faut penser à nettoyer les passages d’air et notamment les poumons des habitants. Pas si simple…

Filtres

La consommation électrique et le remplacement des filtres d’une VMC sont le prix à payer pour une meilleure qualité d’air. L’économie d’énergie (récupération de chaleur) et le confort (pas d’air froid amené dans les pièces) sont des bénéfices supplémentaires non négligeables !

Alors les filtres, ça coute combien ? Lors de notre installation fin 2010, nous avions acheté un lot de filtres divers (premier filtre pour l’air extérieur, filtres de l’échangeur, filtres des bouches d’aspiration) pour un total de 328 €. Comme on nous avait prévenu que les filtres nous couteraient cher car il fallait les changer tous les trois mois, nous pensions que ce stock durerait une année ou deux. Nous venons de commander quelques filtres supplémentaires pour 81 €, tout le stock n’étant pas épuisé début 2015. La consommation de filtre a donc été nettement plus faible que prévue.

Pourquoi si peu ? D’abord parce que les filtres peuvent être nettoyés. Pour le filtre d’air extérieur et ceux de l’échangeur, un minimum de compétence dans l’usage d’un aspirateur suffit à repousser les changements de filtre à une fois par an, période après laquelle les matières dans le filtre sont dégradées et plus nettoyables (cela peut générer des odeurs désagréables). Pour les filtres des bouches d’aspiration, nous avons découvert qu’ils se lavent et ils sont réutilisables une dizaine de fois (ils finissent par rétrécir et ne plus couvrir toute la grille de la bouche).

Sur les quatre premières années, les filtres nous ont donc coûté environ 100 € l’année, sans négligence sur la maintenance de ces filtres. Et quand on voit ce qui reste dans ces filtres, tout ce qui ne rentre pas dans la maison, cela reste raisonnable. Et c’est effectivement le premier poste de dépense de la VMC, devant la consommation électrique qui nous coûte environ 50 € par an (moins d’un kWh par jour).

Températures de février

Il a encore fait froid en février, même si la fin du mois donne quelque espoir d’amélioration. Le soleil s’est un peu plus montré, mais sans parvenir à lutter contre froid. Les petits radiateurs sont toujours au travail pour maintenir la température…

Place aux courbes : la courbe rouge représente la température extérieure, la courbe bleue la température intérieure. Température février 2015(pour agrandir, cliquez sur l’image)

On peut distinguer deux phases dans le mois : la première, de type “janvier” avant le 22 février, puis celle après le 22, avec plus de soleil et des températures moins basses. Résultat : la température intérieure est montée de 19°c à 21°C, ce qui devient très confortable.

Encore une fois, la consommation électrique a été importante en ce mois de février : environ 30 kWh par jour (tout compris), comme en décembre et en janvier. Le soleil a un peu plus chauffé l’eau (5 kWh par jour d’électricité), mais le chauffage reste bien actif, sauf dans la dernière semaine. Le printemps arrive bientôt et avec lui l’arrêt du chauffage pendant 8 mois.

Températures de janvier

Encore des gelées et des journées courtes en janvier. Le soleil se fait vraiment désirer. Les petits radiateurs sont toujours au travail pour maintenir la température…

Place aux courbes : la courbe rouge représente la température extérieure, la courbe bleue la température intérieure. Températures janvier 2015(pour agrandir, cliquez sur l’image)

La température intérieure varie entre 18°c et 19°C, ce n’est pas très chaud, quoique par rapport à la température extérieure, c’est correct ! Et les parois “chaudes” permettent de supporter facilement cette température un peu faible.

Encore une fois, la consommation électrique a été importante en ce mois de janvier : environ 30 kWh par jour (tout compris), comme en décembre. Le soleil fait vraiment défaut, puisque l’eau chaude est presque entièrement chauffée par la résistance électrique du ballon (7 kWh par jour). Vivement le printemps !

Températures de décembre

Il a fait froid, bien froid. Nous sommes en plein dans l’hiver, avec des journées froides, courtes et un peu de soleil trop bas de temps en temps. Des gelées assez prononcées, mais pas encore de neige. Les petits radiateurs sont branchés et s’activent pour maintenir la température…

Place aux courbes : la courbe rouge représente la température extérieure, la courbe bleue la température intérieure. Températures novembre 2014(pour agrandir, cliquez sur l’image)

Le mois avait commencé avec une température intérieure un peu fraiche, à cause d’un retard dans le branchement des deux petits radiateurs électriques d’appoint qui descendent du grenier pendant la période de chauffe. Peu puissants (il ne font que 500 W chacun), il leur a fallu un peu de temps pour remonter la température intérieure à 20 °C. Nous utilisons donc actuellement 1500 W et on voit bien que ça suffit. Selon la température extérieure et l’ensoleillement, ils fonctionnent plus ou moins. La maison résiste bien grâce à son isolation : même si nous sommes maintenant habitués, il est toujours impressionnant de constater l’arrêt total du chauffage dès que le soleil pointe ses rayons.

Malgré tout, la consommation électrique a été importante en ce mois de décembre : elle est passé à 30 kWh par jour (tout compris), le mois de décembre est vraiment un mois de chauffe, que ce soit pour l’air ou pour l’eau. On apprécie d’autant plus le soufflage de l’air à 18°C dans les pièces et les vitrages performants qui nous évitent des sensations de froid.

Concevoir et construire obsolète, quel intérêt ?

Pour lutter contre le gâchis énergétique et limiter le réchauffement climatique, les bâtiments sont soumis à des normes de moins en moins laxistes. L’objectif de ces normes est astucieusement contourné par des concepteurs qui s’ingénient à respecter les critères au plus juste en exploitant les failles de la réglementation. Pour y parvenir, ils ont besoin que cette réglementation ait été bidouillée par des collègues qui ont pour mission de favoriser les intérêts de certains au détriment du bien commun.

Ensuite, la mise en oeuvre de la conception est réalisée au plus juste par des entreprises bien peu concernées par l’intérêt à long terme de l’utilisateur du bâtiment. Entre des matériaux nocifs, pas toujours durables (au sens tenue dans le temps) et une mise en oeuvre approximative, le chantier ne compense aucunement une conception pingre.

Le laxisme qualitatif des normes précédentes permettait la livraison de bâtiments inefficaces, coûteux et déficients dans leur rôle premier de protection contre les aléas climatiques. Et comme les normes progressent quand même plus vite dans l’urgence, on aboutit à une situation qu’on pensait ne jamais voir dans le bâtiment : la livraison de bâtiments neufs considérés comme dépassés dès leur réception. Ces bâtiments, les experts les reconnaissent au premier coup d’oeil en se demandant comment les rénover pour les rendre vraiment aptes, alors qu’ils ne sont même pas encore utilisés ! Ouvrez les yeux en vous promenant le long des chantiers, c’est impressionnant…

Alors quel intérêt de livrer en 2015 des bâtiments conçus avec la RT20005 (car étudiés avant 2013), déjà obsolètes ? Quel intérêt de prévoir une livraison en 2018 d’un bâtiment RT 2012 alors que la réglementation suivante le rendra obsolète avant réception ?
Pourquoi les pouvoirs publics autorisent-ils l’implantation d’immeubles en limite du domaine public ou privé alors qu’il faudra les ré-isoler par l’extérieur dans quelques années ?

Qu’on ne dise pas que les professionnels du bâtiment, concepteurs comme réalisateurs n’en sont pas capables : ils savent que l’avenir à moyen terme passe par le bâtiment de type passif. Pour ceux qui s’investissent, ils savent les concevoir et les construire. Car la difficulté n’est technique qu’à la marge.

Peut-être faut-il se demander qui a intérêt à l’obsolescence programmée du bâtiment ? Pas le propriétaire occupant, c’est évident. Il n’a pas intérêt à se retrouver avec une habitation, un bureau ou un atelier à améliorer dès la fin de chantier. Pas le bailleur social qui souhaite offrir le meilleur logement possible à ses locataires, même si c’est à un coût contraint. Pas l’utilisateur du bâtiment qui va payer sa mauvaise qualité pendant des années.

Il y en a évidemment qui sont intéressés : les industriels et les marchands de matériaux qui ont intérêt à produire, vendre des matériaux qui participeront plus rapidement à l’augmentation des déchets. Cela leur donnera l’occasion d’en vendre d’autres… Tous ceux qui participent à la conception et la fabrication des bâtiments n’ont pas intérêt à les voir durer longtemps sans intervention comme une rénovation lourde. Les energéticiens, bien sûr, qui veulent profiter de la rente de situation au maximum avant de changer de métier, le gaspillage énergétique est la condition de leur survie.

Plus insidieusement, mais pas moins surement, les financiers - au sens large - ont vraiment intérêt à transformer le bien durable qu’est le bâtiment en consommable. En exigeant une rentabilité forte à court terme, ils poussent toute la chaine à négliger les intérêts à long terme, à favoriser leur intérêt propre contre le bien commun. Et l’obsolescence programmée du bâtiment est une de leur grande réussite !

Températures de novembre

Ce mois de novembre nous a fait rentré dans l’automne avec un avant gout de l’hiver sur la fin. Les températures chutent, les jours raccourcissent fortement, mais le soleil a été plutôt généreux cette année. On peut se souvenir de ce mois de novembre il y a deux ans où le soleil n’avait fait que quelques heures d’apparition dans tout le mois !
Comme chaque année, la période de chauffe commence en novembre dans la plupart des maisons passives françaises. Pas d’exception cette année, malgré un avant gout amer de réchauffement climatique. Nous avons enclenché le premier radiateur de 500W dans la salle de bain, mais il a finalement peu fonctionné en novembre.

Place aux courbes : la courbe rouge représente la température extérieure, la courbe bleue la température intérieure. Températures novembre 2014(pour agrandir, cliquez sur l’image)

En retardant la mise en route du chauffage d’une semaine et en limitant sa puissance, nous avons laissé descendre la température. Nous sommes parti d’un confortable 22 °C pour arriver à 19°C, ce qui est un peu frais. Au même moment, les maisons voisines chauffent et fument sans retenue. Le soleil se faisant désirer alors que les températures baissent encore dans les derniers jours, la consommation due au chauffage va commencer à grimper en décembre. Elle restera à un niveau raisonnable : il y a six ans, cette maison consommait dix fois plus pour rester confortable !

Passi'bat 2014

Année après année, les journées de la construction passive prennent de l’ampleur. Toujours au même endroit, mais un peu plus tôt que d’habitude cette année, Passi’bat promet encore des découvertes dans ce domaine qui reste la tendance solide pour l’avenir du bâtiment.

Bannière Pass'ibat 2014

Plus d’exposants, plus de place, l’évolution est notable. Les mini-formations facilement accessibles devraient attirer tous les visiteurs du salon (entrée à 10 €).

Les plus curieux, intéressés et les professionnels consacreront une ou deux journées au congrès.

Et comme d’habitude, la salon et le congrès sont l’occasion de rencontres utiles, agréables et parfois décisives ! Si vous souhaitez me rencontrer lors de ces deux jours, je serai surtout derrière la caméra dans le congrès, alors profitons des pauses…

Températures d'octobre

Le mois d’octobre de cette année a été plutôt clément, malgré quelques jours bien frais et des températures qui descendent fortement la nuit. Et comme le mois dernier, la maison passive montre ses atouts dans cette période de “mi-saison”. Avant les courbes : il n’y a pas eu de chauffage dans la maison en octobre. C’est classique : il est prévu d’allumer le chauffage en novembre, selon la météo.

Place aux courbes : la courbe rouge représente la température extérieure, la courbe bleue la température intérieure. Température Octobre 2014(pour agrandir, cliquez sur l’image)

La température intérieure est restée élevée, plus proche des 23°C que des 22°C, ce n’est pas désagréable… On sent qu’elle commence à descendre doucement, la lutte entre la fraicheur extérieure et le réchauffement par le soleil bat son plein. En octobre, le soleil a gagné, le porte monnaie et l’environnement aussi !

Photovoltaïque pour l'autoconsommation

Discrètement mais surement, une révolution énergétique est en route : la production d’énergie par le consommateur particulier. Certaines entreprises produisent l’énergie qu’elles consomment depuis longtemps. De nombreux particuliers vendent de l’énergie à EdF grâce à des panneaux photovoltaïques subventionnés. Le véritable changement a commencé avec Enercoop, une coopérative unissant quelques producteurs et des consommateurs d’électricité. Il continue avec les adeptes de l’autoconsommation, qui produisent eux-même une partie de ce qu’ils consomment, sans passer par un tiers technique, administratif ou financier. La production devient diffuse et moins dépendante de quelques oligopoles.

Panneaux photovoltaïques 2014

Sur la maison, nous avons choisi d’installer deux panneaux photovoltaïques de 250 Wc pour l’autoconsommation. Non subventionnés, installés assez facilement, ils produisent peu d’énergie (moins de 500 kWh dans l’année). En l’absence d’un système de stockage d’électricité qui permettrait d’aborder l’autonomie électrique, il n’y a que peu d’intérêt à installer une forte puissance : l’énergie produite par les panneaux et non consommée instantanément est … perdue pour nous !

Les panneaux fabriqués par Bosch à Venissieux ont été vendus avec un kit Mices qui comprend toutes les pièces nécessaires à l’installation. L’implication de cet intégrateur a été particulièrement appréciée lorsqu’il a fallu trouver un système de fixation adapté à la toiture zinc à joints debout. Des pinces spécifiques qui s’adaptent bien ont été ainsi livrées après étude.

Le photovoltaïque est-il devenu rentable ? En dehors du cadre des installations subventionnées et depuis la baisse du prix des panneaux, il est devenu intéressant de produire une faible quantité d’énergie soi-même. Dans notre projet, la rentabilité est prévue après une vingtaine d’année. Mais il faut avouer que ce n’était pas le but de cette installation, vus les faibles montants en jeu (moins de 100 euros par an). Le véritable objectif était d’apprendre le fonctionnement ce type d’installation en faisant des “travaux pratiques”. Cet objectif immédiat est maintenant atteint !

La maison ouvre sa porte les 7 et 8 novembre

Portes ouvertes 2014

Pour la quatrième année (déjà !), notre maison participe aux journées portes ouvertes des maisons passives en Europe. Depuis onze ans, ces journées sont organisées le second week-end de novembre, ce qui tombe le 7 et 8 novembre (la maison n’est pas ouverte le dimanche) cette année. Cela permet aux personnes intéressées de mieux se rendre compte et de dialoguer sur la maison passive, et en particulier sur la rénovation dans notre cas.

Les visites, qui durent environ 1 h 30, auront lieu :

  • le vendredi 7 novembre à 14 h.
  • le samedi 8 novembre à 10 h.

Si vous êtes professionnel(le) du bâtiment, préférez la visite du vendredi : les explications, questions et les points d’attention sont différents selon les visiteurs et les années précédentes ont montré que le vendredi était l’occasion de rencontres plus professionnelles.

La visite du samedi est souvent plus familiale, les enfants sont les bienvenus.

Pour que ces visites - gratuites - soient profitables, le nombre de places est bien sûr limité. Les premiers inscrits pourront donc choisir leur créneau, pas les derniers.

Comment s’inscrire ? En envoyant un courriel (email) à “visite@renopassive.fr”, avec votre nom (celui de chaque visiteur si vous êtes plusieurs) et le créneau horaire souhaité. Vous avez même le droit de mettre un sujet au courriel ;-)

L’inscription est considérée comme acceptée si vous recevez une confirmation avec le détail de l’accès.

Si vous souhaitez observer les aménagements intérieurs, vous serez encore déçus : si l’extérieur est terminé depuis quelques trois ans, l’intérieur a peu avancé.

- page 3 de 23 -