Rénovation passive

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Mot-clé - isolation

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mardi 5 juillet 2011

Isolation du sous-sol : polyuréthane projeté

C’était la dernière grande étape pour obtenir une maison techniquement passive : le plafond et le haut des murs du sous-sol a reçu sa couche d’isolant. Pour diminuer l’épaisseur et garder une hauteur utilisable, nous avons choisi le polyuréthane.

Camion SynersolEt pour renforcer l’étanchéité qui pouvait encore être améliorée, c’est de la mousse projetée, celle qui envahit tous les recoins, qui a été mise en oeuvre par eFrance Isolation qui utilise le procédé SynerSol.

Soyons francs : le produit n’est pas écologique. Le seul vert, c’est sa couleur après vieillissement. Mais il a quand même de sérieux atouts : performant, sa conductivité thermique de 0,025 W/mK le rend meilleur isolant que la plupart des autres produits. Et comme tout isolant bien appliqué permet d’économiser de l’énergie, c’est quand même plus écologique que de ne pas isoler. La mousse projetée a aussi pour avantage d’annuler les coûts de transport sur le chantier, puisque les composants liquides sont stockés dans des cuves dans le camion qui amène les applicateurs. Le volume n’apparaît qu’après application sur les parois !
En contrepartie, l’application est “sale” : les vapeurs dégagées exigent le travail avec masque à gaz et combinaison intégrale. Les projections collent sur tout, il faut très bien protéger ce qui ne doit pas être isolé. Dans notre cas, la protection était insuffisante et nous n’avons toujours pas fini le nettoyage… Projection de la mousse de polyuréthane

Une des principales fuites dans la maison se trouvait en haut de ce mur, où était l’ancien tableau électrique. Pas sûr que l’air arrive encore à passer : Mousse sur trou électrique Si la mousse de polyuréthane n’est pas considérée comme un pare-vapeur, l’air et l’humidité ont tout de même du mal à se frayer un chemin !

Le procédé Synersol est destiné à isoler les … sols. Si le produit s’applique plutôt bien sur les murs et donne un état de surface correct (mais pas lisse), il n’est pas adapté à la projection au plafond. Non seulement, il coule vers le sol (sans tomber), mais en plus il ne peut pas être projeté perpendiculairement au plafond. Ce qui donne un aspect final peu engageant. Il faudra trouver un moyen d’abraser le surplus de mousse (il y a 25 cm par endroit pour 20 cm prévu) pour retrouver un plafond correct. L’autre défi est de trouver une finition qui n’exige pas de traverser l’isolant (pour éviter tout pont thermique).
Isolation sous-sol

L’efficacité de l’isolant se fait nettement sentir, mais d’une façon inattendue. Si l’intérieur de la maison (la zone habitable) n’a pas subi de modification (c’est l’été), le sous-sol est devenu plus frais. En effet, maintenant que le plafond et le haut des murs du sous-sol est fortement isolé, la principale zone d’échange thermique est le sol. or celui-ci est en contact direct avec la terre à plus d’un mètre sous le niveau du terrain, donc qui reste fraîche comme dans une cave souterraine.

lundi 27 juin 2011

Il fait meilleur dedans !

La forte montée de la température extérieure permet d’expérimenter le confort d’été de la maison. Si le thermomètre affiche plus de 30 °C dehors, il reste à un raisonnable 25 °C dedans en fin de journée. Pas trop envie de laisser la porte et les fenêtres ouvertes par une chaleur pareille : rester au frais est agréable.

BSO nord baissésProtection solaire, isolation et inertie du béton freinent efficacement la montée de la température intérieure, malgré des apports internes non négligeables (activité des enfants, cuisine, informatique). L’apprentissage de la stratégie de refroidissement se fait doucement : surventilation le matin au réveil par ouverture des fenêtres, abaissement des toutes les protections solaires pendant la journée, il n’y a pas d’autres contraintes. Résultat : le sommeil ne sera pas gêné par la chaleur et la fatigue est moins présente.



vendredi 27 mai 2011

Enercoop, électricité d'origine renouvelable

Graphique NagawattLa maison passive est une application plutôt réussie de la démarche Negawatt dans le bâtiment. Au risque de rabâcher, cette démarche se déroule en trois phases à appliquer dans l’ordre : la sobriété, l’efficacité et le renouvelable.

Dans le logement passif, la sobriété passe par l’isolation et l’étanchéité qui diminuent les besoins de chauffage et de climatisation jusqu’à les rendre négligeables. L’efficacité passe par une ventilation à récupération de chaleur, des appareils électroménagers à faible consommation et des accessoires électriques plus sobres, dont l’éclairage économique.

L’énergie renouvelable est générée par les panneaux solaires thermiques pour l’eau chaude sanitaire et d’éventuelles autres sources (panneaux photovoltaïques, éoliennes). Pour boucler la démarche Negawatt (la maison passive ne l’exige pas), il faut préférer l’usage d’électricité d’origine renouvelable pour les consommations restantes. Pas question de se passer d’ordinateur, de lumière, de cuisson ou conservation par le froid, mais la faible consommation permet de payer au juste prix une électricité qui ne détruit pas trop notre environnement.

Enercoop macaronAprès l’installation des tubes solaires, nous avons choisi Enercoop pour fournir notre électricité. Cette Société Coopérative d’Intérêt Collectif (dont nous devenons au passage sociétaire) injectera ainsi sur le réseau autant d’électricité d’origine renouvelable que nous en consommerons.

En image : Enercoop traçabilité

Concrètement :

  • nous passerons d’un abonnement Heures pleines/ Heures creuses de 15 KVA à à un abonnement basique de 9 KVA,
  • nous payerons le KWh 15 centimes d’euros,

Pourquoi payer son électricité “verte” plus chère ?

  • nous n’aurons pas besoin de panneaux photovoltaïques sur la maison puisque les producteurs sociétaires d’Enercoop font ça bien mieux que nous,
  • les consommateurs peuvent exprimer leurs choix avec leur porte-monnaie. Dans une économie libérale, c’est la méthode la plus efficace,
  • le tarif Enercoop n’évolue pas à la hausse et n’évoluera pas démesurément comme c’est probable pour le tarif EdF. Les productions renouvelables donnent un tarif “plafond” à l’électricité puisqu’elles sont peu sensibles aux aléas extérieurs comme le combustible, le démantèlement, etc.
  • comme nous avons déroulé la démarche Negawatt dans l’ordre, le surcoût sera faible dans la réalité, puisque nous consommons peu. Passer au renouvelable avant d’avoir obtenu la sobriété et l’efficacité semble incohérent et se paye trop cher. C’est valable individuellement comme collectivement.

Actuellement, une majorité de l’approvisionnement d’Enercoop vient des barrages hydroélectriques d’EdF, puisque c’est la source d’énergie renouvelable la plus importante en France, en attendant que les autres sources (biogaz, éolien, photovoltaïque) prennent de l’ampleur.

samedi 23 avril 2011

Raccord isolant-menuiserie, détail passif

La suppression des ponts thermiques est la règle dans la construction passive, en rénovation comme en neuf. Les menuiseries certifiées passives sont conçues pour éviter les ponts thermiques, mais il faut parfaitement les raccorder à l’isolant pour les annuler complètement. Le détail de pose est important : le dormant des menuiseries doit disparaître dans l’isolation, ne laissant visible que l’ouvrant (ou l’équivalent pour les châssis fixes).

Raccord isolant imposte Raccord de l’isolation avec l’impose (châssis fixe) : l’aluminium disparaît sous le compribande, la fibre de bois du dormant se retrouve sous 30 cm de PSE.

Raccord isolation porte Raccord de l’isolation avec la porte d’entrée : le bois sert de support au compribande, le dormant disparait entièrement sous l’isolant.

Raccord blocs PSE porte Les blocs de polystyrène expansé graphité suppriment efficacement le pont thermique. La précision de pose est plus de l’ordre du millimètre que du centimètre.

jeudi 21 avril 2011

21°C, partout et tout le temps

Thermomètre 21 La formule est trop brutale pour être exacte, mais c’est l’état de l’intérieur de la maison actuellement. Il fait 21°C dans toutes les pièces, à quelques dixièmes de degrés près. Et la température ne veut plus bouger, que ce soit entre le jour et la nuit (malgré le très fort contraste de ces derniers jours) ou d’un jour à l’autre.

Sans chauffage ni climatisation, bien entendu.

L’explication est relativement simple : l’isolation extérieure est terminée (même si la finition n’est pas faite), les brises soleil et les triples vitrages font leur travail en évitant la surchauffe, la VMC double flux à haut rendement rend les températures homogènes. Il manque encore l’isolation du sous-sol pour finir la passivation. La masse de béton (murs et planchers) est passée de la zone externe à la zone interne (on pourrait dire chauffée, mais sans chauffage), amenant une inertie thermique très perceptible.

Façade sud avril

Une autre idée du confort, que les systèmes actifs (chauffage, climatisation) les plus sophistiqués ont bien du mal à atteindre !

vendredi 8 avril 2011

Isolation extérieure, sensation intérieure

Un des rares avantages d’habiter une maison en cours de rénovation, c’est de ressentir les changements au fur et à mesure de leur arrivée. Si le toit et les menuiseries étaient en place au moment du déménagement, l’isolation extérieure n’était pas commencée.

L’équipe d’Ecovalis a commencé par le pignon est, puis la façade sud. Le pignon ouest est presque recouvert et la façade nord est pour la semaine prochaine.

Isolation extérieure coin nord ouest

Cette progression transforme le confort intérieur de la maison. L’isolation extérieure supprime des ponts thermiques, annule les points froids et donc rend la température plus homogène. Les pièces isolées deviennent plus chaleureuses sans devenir plus chaudes. Mais puisque l’isolation n’est pas terminée, cela dépend des pièces. C’est une sensation difficile à décrire, mais elle permet de ressentir le confort apporté par une bonne isolation, sans explication ni calcul.

Par analogie avec la décoration qui peut rendre une pièce visuellement plus grande, l’isolation soignée rend les pièces thermiquement plus grandes. L’appui de fenêtre de la cuisine, qui était à température extérieure est maintenant à température intérieure, le café du matin est bien plus agréable…

Appui fenêtre cuisine

mercredi 6 avril 2011

Fixation de l'isolant extérieur

L’isolation extérieure est faite de blocs de polystyrène expansé graphité (PSE gris). Pour fixer ces blocs sur le murs, il existe plusieurs méthodes. La plus classique pour cette épaisseur est de cheviller à travers les blocs dans le mur (technique dite calé/chevillé). Mais cela nous posait plusieurs problèmes :

  • pour la thermique : chaque clou qui passe à travers le bloc est un pont thermique ponctuel qui est défavorable et doit être pris en compte dans le calcul. Pour palier à ce problème, il existe des clous à rupture de pont thermique (une partie est en plastique), mais ce n’est pas aussi bon que du polystyrène,
  • pour l’étanchéité : chaque cheville est un trou dans la barrière d’étanchéité. Et vu le nombre de chevilles prévues ( 8 au m2), cela faisait trop de trous et aurait sérieusement dégradé l’étanchéité de la maison,
  • pour l’économie : les chevilles coûtent cher, plus que la colle.

Il est aussi possible de coller les blocs avec un mortier spécial. A condition que le support soit adapté, suffisamment solide et de bonne composition (enduit hydraulique). C’était évidemment la solution préférable, mais elle dépendait de la qualité de l’enduit initial. Cela fait partie des défis de la rénovation. Pour cela, un test à l’arrachement a été effectué : Pastille arrachement Pastilles collées à différents endroits avec deux mortiers différent avant arrachement contrôlé

Les résultats des tests se sont avérés concluants, de justesse. La pose se fait donc au mortier, mais non pas par plot, mais à la spatule crantée, donc en collage continu : Collage bloc PSE

Dans les parties délicates, un double encollage est nécessaire. Il sert aussi à renforcer l’étanchéité à l’air la ou il existait encore un doute : Double encollage bloc PSE

Du soin apporté à la découpe et à la pose dépend directement la qualité de l’isolation. Si l’isolation intérieure traditionnelle n’est pas avare de gros et petits ponts thermiques, le but de l’isolation extérieure est bien de les supprimer, même les petits. La pose de gros blocs est donc d’autant plus délicate, car ils doivent être bien jointifs.

jeudi 24 mars 2011

Isolation thermique par l'extérieur

ITE, c’est un sigle tendance dans le bâtiment, par opposition à l’ITI, l’isolation thermique par l’intérieur. Il est très difficile, voire impossible, de bien isoler un bâtiment en posant l’isolant à l’intérieur des murs. En rénovation, c’est encore plus compliqué : les ponts thermiques sont nombreux, que ce soit des murs ou des planchers. Sauf contrainte insurmontable (comme un mur mitoyen), il faut donc isoler par l’extérieur. Et fortement, pour ne pas avoir à recommencer dans 10 ans !

Les blocs de polystyrène expansé graphité (PSE gris) sont arrivés en nombre cette semaine et ils ont commencé à grimper sur les murs. Bien aidés, soyons précis, par une équipe de Ecovalis, qui est chargée de mettre en oeuvre cette isolation d’une épaisseur exceptionnelle. Les blocs de 30 cm d’épaisseur ne sont pas faciles à trouver (peu de fabricants), à acheter (c’est cher), à poser (c’est gros). Mais elle est nécessaire pour atteindre la performance passive dans ce projet de rénovation.

D’abord, ça prend de la place dans le jardin : Blocs PSE jardin

Le stockage et la pose se font sous des bâches, le PSE gris ayant tendance à se déformer sous l’action des ultra-violets : Blocs PSE sous bâche L’effet de bord désagréable est que le rez de chaussée de la maison est privé de lumière extérieure, entouré de bâches, nous empêchant de profiter complètement des beaux jours et des apports solaires. Patience…

Il faut bien démarrer avec une protection anti-rongeur solide : Protection basse PSE

Puis les blocs doivent être assemblés avec précision, la qualité de l’isolation thermique dépendant directement de la continuité de l’isolant. Les fentes, trous et autres défauts seront comblés avant l’enduit: Blocs PSE coin

Ces travaux paraissent trop importants pour certains. Mais le résultat est valable pour plusieurs dizaines d’années, apportant confort et économies à long terme, sans y revenir.

mercredi 17 novembre 2010

Vitrage : du triple de tous cotés

Triple vitrage Glas TröschEn France, il existe encore un débat sur le bon vitrage à poser dans les maisons économes. Entre le climat continental, voire méditerranéen et l’influence des grands verriers français, le double vitrage fait de la résistance.

Il est maintenant acquis qu’il faut du triple vitrage au nord dans les maisons à très basse consommation. Les pertes énergétiques sont importantes, les apports solaires faibles : il faut la meilleure isolation possible coté nord. Même s’il existe encore une hésitation à cause du prix, ceux qui cherchent la performance savent que seul le triple vitrage assure, avec une isolation deux fois supérieure à celle d’un double vitrage (pour les techniciens, le Ug passe de 1 W/m²K à 0,5 W/m²K pour les meilleurs vitrages et de 1,6 W/m²K à 0,8 W/m²K pour les moins bons).

Dans notre projet, le vitrage au nord et à l’ouest est du SilverStar EN Plus 4-16-4-16-4, dont le Ug descend à 0,6 W/m²K. Il est fabriqué par Glas Trösch, un des leaders européens du vitrage, en pointe sur le vitrage performant.

Coté sud, la suprématie du triple vitrage n’est pas encore totalement acceptée. Les derniers arguments portent sur une moindre transmission lumineuse du triple vitrage par rapport au double vitrage, ce qui ferait perdre en apport solaire le gain escompté en isolation. Avec un tel raisonnement, toutes les maisons passives qui sont très dépendantes des ces apports solaires, devraient être équipés de doubles vitrages au sud. Devinez quoi ? Ce n’est jamais le cas : le triple vitrage s’impose à chaque fois, au nord comme au sud de la France.

TRIIIe SolarCar ce défaut du triple vitrage est connu et a été traité par les spécialistes (mais pas par nos influents verriers nationaux, on revient au départ) : il existe des triples vitrages qui transmettent aussi bien que du double vitrage, au prix d’une légère diminution de l’isolation (qui reste bien supérieure à celle du double vitrage).

Et c’est encore Glas Trösch qui s’y colle pour nos vitrages au sud, avec son produit SilverStar TRIII E 4-16-4-16-4, dont le facteur solaire (g) atteint 60% avec un Ug de 0,7 W/m²K.

Le triple vitrage affirme donc sa suprématie, avec des variantes qui répondent à toutes les situations. Cependant, il ne faut surtout pas oublier les menuiseries, sans lesquelles un vitrage performant ne donnerait pas le résultat demandé.

mardi 2 novembre 2010

Isolant supplémentaire sur le toit : la fibre de bois

Remplir les caissons de ouate de cellulose, c’est efficace, mais la chaleur pourrait s’infiltrer entre les caissons, c’est à dire dans l’épaisseur des poutres en I. Pas bien grave, dirons les habitués de l’isolation entre chevrons : c’est du bois, plutôt isolant. Sauf que ces dizaines de mètres de ponts thermiques, même fins, doivent être évités dans une maison passive : le toit est la principale source de déperdition de chaleur, il faut donc traiter son isolation plus soigneusement que le reste.

Palette fibre de boisPar dessus les poutres il y a donc 6 cm de fibre de bois, un autre isolant écologique. Ici, c’est du UD-Q11 protect de Homatherm qui est utilisé. Ces panneaux rigides font office d’isolant, de pare-pluie et de pare-vent.
Il y a aussi des fines plaques de fibre de bois (2cm) sur les flancs des chiens assis, pour les mêmes raisons.

Habillage laine de bois

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