Rénovation passive

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Mot-clé - confort

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dimanche 23 décembre 2012

2 ans

Voilà deux ans que nous avons déménagé, dans une maison qui n’était pas encore passive.
Baie vitrée

Déménagement difficile sous la neige, les menuiseries venaient d’être posées et la plomberie juste terminée, au lendemain d’un test d’étanchéité à l’air porteur d’espoir.

Quelques mois de vie sous une bâche en guise de toit avant la métamorphose du printemps puis la maison est devenue techniquement passive en mai 2010. Certifiée un an plus tard, elle reste à ce jour la seule maison individuelle rénovée certifiée passive en France. Elle est aussi, paradoxalement puisque c’est une rénovation, une des maisons les plus étanches de France.

Et la suite ? Il reste beaucoup à faire : le jardin va être entièrement refait et l’intérieur est au point mort par manque de ressources. Il reste même des détails de chantier à régler.

Le bilan au bout de deux étés et presque deux hivers ? La consommation est très faible, conforme aux calculs : 6000 kWh pour l’année (rappel : c’est une maison toute électrique). Le confort est certain : très faible sensibilité aux écarts de température extérieure, tant pour les grands froids que pour les fortes chaleurs, qualité de l’air, silence. Le vécu est catégorique : la maison passive, ça marche !

lundi 20 août 2012

Confort d'été

L’épisode de forte chaleur, presque caniculaire, a donné l’occasion de tester le confort d’été en condition défavorable. Les températures sont montées à 38 °C à l’ombre à l’extérieur, deux jours consécutifs, après une période normalement chaude. A l’intérieur, la température est montée à 25 °C au rez de chaussée et un peu plus (non mesuré) au premier étage, sous le toit. Cela reste très confortable.
L’effet “frigo” a été très sensible : avec une différence entre l’intérieur et l’extérieur supérieure à 10 °C, l’entrée dans la maison est rafraichissante.
La lutte contre la chaleur est simple : baisser les brise-soleil, ouvrir en grand le matin et fermer les fenêtres et portes dès que la température extérieure dépasse celle de l’intérieur. Bon résultat ? Oui, et pourtant le bâti doit compenser des conditions qui ne sont pas favorables :

  • les enfants restent à l’intérieur, ce qui donne une TV et un ou deux ordinateurs souvent allumés. Si l’on rajoute la cuisine et les autres activités, les apports internes sont importants. Mais puisqu’il fait trop chaud à l’extérieur, rester à l’intérieur est logique,
  • la maison étant proche du centre ville, la ventilation nocturne n’est pas complètement possible. Ouvrir les fenêtres la nuit ferait entrer trop de bruit, alors que le sommeil n’est pas gêné par la chaleur et que nous sommes habitués au silence derrière les triples vitrages. La ventilation naturelle (bien plus forte que le VMC) est donc surtout matinale, entre le réveil et la montée en température. Un peu court pour refroidir les tonnes de béton qui font l’inertie.

L’isolation et l’inertie (“30 tonnes de béton dans 30 cm d’isolant”) jouent donc bien leur rôle et sont bien suffisantes pour des pics de quelques jours. Au delà, il faudrait passer à un système actif. On pourrait penser à une climatisation par évaporation, un système de climatisation classique étant hors sujet car disproportionné et trop gourmand dans une maison passive.

lundi 27 juin 2011

Il fait meilleur dedans !

La forte montée de la température extérieure permet d’expérimenter le confort d’été de la maison. Si le thermomètre affiche plus de 30 °C dehors, il reste à un raisonnable 25 °C dedans en fin de journée. Pas trop envie de laisser la porte et les fenêtres ouvertes par une chaleur pareille : rester au frais est agréable.

BSO nord baissésProtection solaire, isolation et inertie du béton freinent efficacement la montée de la température intérieure, malgré des apports internes non négligeables (activité des enfants, cuisine, informatique). L’apprentissage de la stratégie de refroidissement se fait doucement : surventilation le matin au réveil par ouverture des fenêtres, abaissement des toutes les protections solaires pendant la journée, il n’y a pas d’autres contraintes. Résultat : le sommeil ne sera pas gêné par la chaleur et la fatigue est moins présente.



vendredi 8 avril 2011

Isolation extérieure, sensation intérieure

Un des rares avantages d’habiter une maison en cours de rénovation, c’est de ressentir les changements au fur et à mesure de leur arrivée. Si le toit et les menuiseries étaient en place au moment du déménagement, l’isolation extérieure n’était pas commencée.

L’équipe d’Ecovalis a commencé par le pignon est, puis la façade sud. Le pignon ouest est presque recouvert et la façade nord est pour la semaine prochaine.

Isolation extérieure coin nord ouest

Cette progression transforme le confort intérieur de la maison. L’isolation extérieure supprime des ponts thermiques, annule les points froids et donc rend la température plus homogène. Les pièces isolées deviennent plus chaleureuses sans devenir plus chaudes. Mais puisque l’isolation n’est pas terminée, cela dépend des pièces. C’est une sensation difficile à décrire, mais elle permet de ressentir le confort apporté par une bonne isolation, sans explication ni calcul.

Par analogie avec la décoration qui peut rendre une pièce visuellement plus grande, l’isolation soignée rend les pièces thermiquement plus grandes. L’appui de fenêtre de la cuisine, qui était à température extérieure est maintenant à température intérieure, le café du matin est bien plus agréable…

Appui fenêtre cuisine

samedi 19 mars 2011

Brises soleil orientables

S’il est assez habituel de compenser le manque d’isolation par du chauffage, il n’est pas encore dans les habitudes de compenser ce manque d’isolation par de la climatisation pour ne pas souffrir de la chaleur, surtout dans les régions de la moitié nord de la France. Il arrive donc que la température dépasse le maximum agréable pour devenir difficilement supportable.

Parmi les critères “annexes” de la maison passive, il y a le confort d’été : la température à l’intérieur de la zone habitable ne doit pas dépasser 25 °C plus de 10% de la saison estivale. Cette absence de surchauffe, même en cas de forte température extérieure, est un argument fort en faveur de la maison passive, auquel beaucoup de gens sont sensibles (plus que l’absence de chauffage, en fait).

Comment faire pour éviter la surchauffe : limiter les apports solaires extérieurs et les apports internes. Pour limiter les apports solaires, il faut isoler les parois (murs, toit, etc) et empêcher le soleil de chauffer la maison. Pour l’isolation des parois, elle est acquise par la contrainte de chauffage minimum. Isoler du froid l’hiver et du chaud l’été se fait avec la même isolation. Pour les vitrages, c’est différents : ils sont le chauffage d’hiver, mais ne doivent pas être celui d’été. Sans précaution, une maison passive, souvent largement ouverte au sud, deviendra un fournaise. C’est la qu’interviennent les protections solaires. Elles peuvent prendre plusieurs formes : casquette au dessus des fenêtres, volets ajourés et brises soleil. Dans notre cas, il existe une petite casquette due à l’épaisseur importante de l’isolant extérieur, mais elle est insuffisante, surtout à l’étage. Ce sont donc des brises soleil orientables (BSO) qui feront office de protection solaire.

La règle est simple : les rayons du soleil directs ne doivent pas atteindre la vitre.

Ce sont des brises soleil à lamelles ourlées de 80 mm, fabriqués par Warema, qui ont été installés cette semaine.

Vue de l’intérieur : BSO chambre 2

Vue de l’extérieur dans la même position : BSO extérieur

L’utilisation des BSO est simple : les laisser montés l’hiver, les laisser baissés l’été (avec plus ou moins de jour entre les lamelles, selon l’envie de lumière). Ils n’ont aucune fonction d’isolation, mais peuvent servir d’occultation (surtout la nuit, les luminaires municipaux éclairant largement les maisons). Pour une plus grande efficacité, ils sont automatiques : deux stations météo piloteront la remontée en cas de grand vent et la descente en cas de forte intensité lumineuse (en cas d’oubli).

samedi 9 janvier 2010

La maison passive, retour aux fondamentaux

A quoi sert une maison ?

Question a priori évidente, mais qui n’est pas toujours posée lors d’un chantier d’habitation.
La première fonction d’un logement, c’est la protection.
D’abord contre les intempéries, le froid, le chaud. Dans certaines civilisations, c’est la seule fonction, puisque la plus basique. Dans un projet de logement, il ne faut jamais oublier que la protection est l’essentiel.
Dans nos sociétés, vient ensuite la protection contre la violation de la vie privée. Protection des personnes et des biens. Un logement doit donc aussi assurer la sécurité.
Enfin, viennent des notions secondaires, comme le confort, l’espace et l’affichage du statut social. Tout ce qui vient renforcer l’identité de l’habitant dans la société.

La maison passive, c’est aussi une façon de retrouver l’objectif fondamental du logement : la protection contre les aléas climatiques, dans un grand confort. C’est sûrement une explication de la satisfaction des habitants de ce type de logement : profiter des technologies modernes pour mieux remplir des objectifs ancestraux. Entrer dans sa maison en sachant qu’il n’y fera ni trop froid ni trop chaud, que le vent reste dehors, que l’humidité et le bruit seront arrêtés lorsque la porte sera refermée, n’est-ce qu’on demande fondamentalement à un logement ?
La maison passive n’exclut pas la sécurité physique, l’esthétique, l’espace et même le coté statutaire de l’habitation. Mais sa philosophie remet les priorités dans l’ordre. Tout simplement !