Rénovation passive

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vendredi 18 mai 2012

Aspect en mai 2012

Pour satisfaire ceux qui demandent des vues actuelles de la maison, voici les façades telles qu’elles apparaissent en mai 2012 :

Façade nord mai 2012La façade nord, coté rue. Le soleil de fin d’après-midi (18 h) soir éclaire le porche.

Façade sud, coté jardinLa façade sud, coté jardin. Et comme le soleil arrive dès le matin (9 h) , les brises soleil orientables (BSO) sont en position de protection.

jeudi 26 avril 2012

Certification passive

Après 3 ans de projet, le document certifiant que la maison est passive selon le standard européen vient d’arriver :

Certificat

L’attente a été longue - cela fait un an que nous vivons dans une maison techniquement passive - mais le résultat est maintenant officiel : ce chantier a abouti à la première maison rénovée certifiée passive en France.

Les critères sont bien respectés :

  • 12 KWh/m2/an de besoin de chauffage pour une limite de 15
  • 0,1 vol/h de fuite d’air au test n50 pour une limite de 0,6
  • 100 KWh/m2/an d’énergie primaire en consommation TOTALE pour une limite de 120

Le projet est-il fini ? Oui en ce qui concerne l’enveloppe. Mais il reste de gros efforts à faire à l’intérieur (décoration) et à l’extérieur (paysage) pour obtenir une “belle” maison. Et il reste des pistes pour améliorer encore la performance globale, en particulier la consommation électrique totale.

P.S. : la fiche officielle PHI de la maison

dimanche 1 avril 2012

Comment reconnaitre un bon vitrage ?

Lors des visites de la maison, la question des vitrages revient souvent. Pour expliquer ce qu’est un bon vitrage, un comportement inhabituel, celui de la condensation extérieure, sert de critère facile. En effet, la face de la vitre sur laquelle se produit la condensation permet de catégoriser le vitrage selon sa performance : Condensation extérieure

  • un vitrage insuffisant condense à l’intérieur. En effet, l’air extérieur refroidit la vitre. L’humidité intérieure se condense sur cette partie froide. Il faut surchauffer la fenêtre pour chasser la condensation, ce qui consomme énormément d’énergie. C’est un grand classique du simple vitrage, mais aussi des double vitrages un peu anciens ou abimés,
  • un vitrage moyen condense peu, ni à l’intérieur, ni à l’extérieur, sauf en milieu humide. La chaleur intérieure suffit généralement à chauffer la vitre. C’est le comportement habituel des double vitrages classiques,
  • un bon vitrage condense à l’extérieur ! C’est un phénomène fugace, qui se voit le matin. Le vitrage est suffisamment isolant pour que la vitre extérieure soit à température de l’extérieur et il se produit une condensation qui ressemble à la rosée matinale. Cette condensation extérieure montre que la chaleur intérieure ne parvient pas à atteindre l’extérieur pour évaporer cette humidité. Les premiers rayons du soleil s’en chargent. C’est le comportement habituel des triple vitrages et des meilleurs double vitrages.

Selon la condensation que vous constatez sur vos fenêtres, vous savez immédiatement leur performance, sans appareil de mesure.

mardi 20 mars 2012

Saison de chauffe terminée ?

Le printemps est arrivé et tout système de chauffage a été éteint (coupure du circuit électrique) il y a deux semaines. Sauf coup de froid, le mois de mars aura donc été sans chauffage. C’est encore une fois conforme aux prévisions calculées dans le logiciel PHPP.

BesoinMensuel.jpg

Le soleil est bien présent mais encore bas le matin, donc pénétrant. Le danger de cette saison est la surchauffe, vite arrivée si les vitres ne sont pas assez protégées. Malgré quelques dizaines de tonne de béton qui font l’inertie, la température intérieure a vite atteint 22 °C. Les gelées nocturnes n’arrivent pas à entamer cette réserve de chaleur, mais la simple ouverture des fenêtres permet de réguler la température.

Le soleil a en plus la bonne idée de remplacer la résistance électrique du chauffe-eau. La consommation chute donc drastiquement dès le mois de mars.

lundi 13 février 2012

Le Manifeste négaWatt est paru

C’est un document important qui vient de paraître. Le communiqué étant bien rédigé, en voici un extrait :

S’adressant à tous ceux que l’avenir interpelle, du simple citoyen aux décideurs politiques et économiques, le Manifeste négaWatt ne se contente pas d’expliquer de manière aussi pédagogique que possible la méthode et les résultats du scénario négaWatt 2011. Après une description des enjeux et une analyse du contexte énergétique français, il détaille un ensemble cohérent de 10 mesures à prendre rapidement pour engager la France dans la voie de la transition énergétique, et en explicite les immenses bénéfices économiques et sociaux.

Boussole pour l’action, guide méthodologique et pratique pour tous ceux qui souhaitent contribuer à l’élaboration d’un nouveau paysage énergétique soutenable et désirable, le Manifeste négaWatt est aussi un appel à oser résister aux conformismes et aux habitudes, et une invitation à s’engager, avec volonté et lucidité, dans la construction d’une société réconciliée avec elle-même et avec son environnement.


A commander sur le site de l’association. Il coûte 20 € (la moitié revient à l’association), mais rien ne vous empêche de le demander à votre libraire préféré !

Pour en savoir plus

samedi 11 février 2012

Tubes solaires par grand froid

Ce matin, la température est encore très basse. Et pourtant le soleil parvient à réchauffer l’eau : la température dans le collecteur (en haut des tubes) monte facilement à 40°C alors qu’il fait -8 °C dehors. Et lorsqu’on regarde les tubes, c’est loin d’être évident : ils ont encore givrés avec quelques traces de neige :

Tubes solaires givrés

Et pourtant, les panneaux solaires chauffent ! L’explication, c’est que ce sont des tubes sous vide donc l’âme chauffante qui collecte la chaleur est très fortement isolée de l’air extérieur. La température interne du tube n’arrive même pas à faire fondre la couche glacée. Et cette dernière ne semble pas empêcher les apports solaires… Dans la même situation, des panneaux plans ne produiraient rien : trop froids, ils peinent à atteindre une température suffisante pour réchauffer l’eau.

Le collecteur est chaud et moins isolé : il a fait fait fondre tout trace du froid. Un belle démonstration de la performance de l’isolation par le vide !

Dans l’après-midi, le soleil a insisté pour dégivrer les tubes. La température est montée à plus de 60 °C dans le collecteur. Résultat : les 400 litres du ballon sont maintenant à 50 °C, ce qui donne quelques jours d’autonomie sans complément électrique.

Coté nord, sur la partie qui ne voit pas le soleil, la neige reste bien accrochée au toit, alors que le zinc lisse la laisse facilement glisser : Neige toit nord

jeudi 9 février 2012

Chauffer à l'éthanol ?

cheminée éthanolLes cheminées au bioéthanol étaient à la mode : elles ne nécessitent pas de travaux et l’absence de conduit autorise une grand liberté de conception et d’aspect, ce qui peut donner des cheminées peu coûteuses ou très décoratives.

La combustion de l’éthanol dégage du gaz carbonique (CO2) et de la vapeur d’eau. Les cheminées sans conduit dégagent ces gaz directement dans l’espace à vivre et augmentent donc notablement la teneur en CO2 et l’humidité. Dans une maison avec une ventilation insuffisante, comme c’est souvent le cas, l’impact est mauvais pour la santé des occupants. Dans une maison passive, bien ventilée par définition, ce type de cheminée semble acceptable. Et vu les faibles besoins de chauffage d’une telle maison, il serait possible de la chauffer uniquement avec une jolie petite cheminée de salon. En théorie, la cheminée à l’éthanol (alcool qui n’est pas issu de l’agriculture biologique, mais de la biomasse de l’agriculture intensive) est faite pour se marier avec la maison passive…

Mais il existe quelques objections majeures :

  • l’utilisation de la cheminée exige une surveillance, elle n’est donc pas utilisable en l’absence d’occupant, ce qui lui enlève une bonne partie de son intérêt. Mais avec une maison souvent occupée et avec une bonne inertie, ce problème est gérable,
  • le prix de revient de ce chauffage est exorbitant, annulant une bonne partie de l’économie de la maison passive. Calcul :

Le bioéthanol produit 6,5 KWh/litre lors de sa combustion. Or le litre coûte environ 3 euros selon les sources, ce qui donne un tarif de chauffage d’environ 0,45 €/KWh. Est-il possible de trouver plus cher pour se chauffer ? C’est 6 fois plus cher que le gaz au tarif B0 et trois fois plus cher que de l’électricité d’origine renouvelable ! Pour notre maison, se chauffer exclusivement au bioéthanol coûterait environ 900 € par an.

Les cheminées au bioéthanol ne sont décidément pas des moyens de chauffage. C’est connu pour les maisons standards, mais c’est aussi vrai pour les maisons passives. Mais l’attrait de la flamme reste intact, à condition de très bien ventiler !

mardi 7 février 2012

Confort de pointe

Comment la maison se comporte face à la pointe de froid de ces derniers jours ? En clair : fait-il froid dans la maison alors que la puissance du chauffage est limitée ?

En écoutant et visitant les amis et voisins, on se rend compte que la forte puissance de chauffe installée dans les maisons trouve ses limites ces derniers jours : les chaudières ont parfois bien du mal à compenser des températures qui descendent à -13°C. Pour certains, la chaudière en profite pour lâcher au pire moment, ce qui rend leur maison provisoirement invivable.

Neige dehorsDans notre maison passive, il a fallu allumer un nouveau radiateur, les deux petits des salles de bains ne suffisent pas pour encaisser une température inférieure à -10°C. Pas de souci, c’est conforme au calcul : la puissance de chauffe nécessaire était estimée à environ 1300 W pour -3°C dehors. Que 1000 W ne suffisent pas pour -13°C n’est donc pas surprenant.
Et la température reste de 20°C à l’intérieur, avec quelques variations : les salles de bains sont un peu plus chaudes, les chambres à l’étage sont à bonne température (20°C ) et la chambre au rez de chaussée coté nord n’est plus qu’à 19°C. L’homogénéité n’est pas parfaite, car la ventilation ne tourne plus qu’en vitesse faible et redistribue donc moins bien la chaleur. Pas parfaite, mais tout de même bien meilleure que dans une maison du 20e siècle : pas de pièce sous 19°C, alors que la plupart n’ont pas de radiateur !

Le confort reste donc important voire spectaculaire : les effets de l’isolation, de l’étanchéité et de l’absence de ponts thermiques sont encore plus facile à ressentir en cette période de grand froid.

mardi 31 janvier 2012

Grand froid et ventilation

Soleil FroidLe froid arrive enfin, après une petite alerte en début d’hiver. C’est l’occasion d’apprendre comment la maison et ses appareils réagissent. La première constatation, c’est que l’intérieur n’est toujours pas froid, malgré le faible chauffage. Les petits radiateurs semblent rester bien calmes. L’absence de paroi froide, même autour des fenêtres évite les sensations désagréables et donc la surchauffe qui compense habituellement pour retrouver du confort.

La ventilation continue à souffler, avec le déclenchement occasionnel du registre de dégivrage. Mais l’air extérieur est plutôt sec ces derniers jours, ce qui donne un air intérieur encore plus sec. Pour contrer ce désagrément, nous laissons la ventilation en vitesse faible en permanence. Le taux d’humidité augmente un peu et le registre de dégivrage consomme moins, même si c’est au détriment de la qualité de l’air qui passe de bonne à moyenne lorsque tout le monde est à la maison.

L’arrivée du soleil va permettre au coté solaire de s’exprimer et de mettre à contribution l’inertie du béton pour mettre les radiateurs en veilleuse.

mercredi 21 décembre 2011

Certification en route, les chiffres arrivent

Le dossier de certification Maison Passive est maintenant entre les mains du certificateur français. Il est complet et précis, surtout si on le compare à celui déposé pour la demande de certification BBC Rénovation que nous avons fait l’année dernière. Il repose sur le construit réel et les appareils effectivement utilisés. Ce projet ayant été abondamment médiatisé, visité, et contrôlé par plus de 2000 photos, il reste très peu de place pour l’incertitude…

Outil central de ce projet, le PHPP est la feuille de calcul qui récapitule les besoins énergétiques et qui permet de vérifier que le bâtiment répond bien au standard de la maison passive. Solares Bauen vient donc de communiquer la dernière version de ce calcul.

Rappel : le PHPP donne de vraies valeurs et la consommation réelle est généralement légerement moindre que celle calculée. Il est donc aussi bien un outil de conception qu’un outil de prévision. Cela parait logique, mais ce n’est pas le cas des outils réglementaires utilisés par la RT2012 (ou BBC RT 2005) qui ne peuvent servir raisonnablement à la conception puisqu’ils ne peuvent prévoir les consommations réelles…

Deux surprises dans ce PHPP, une bonne et une mauvaise. La bonne, c’est que le besoin de chauffage est vraiment faible, bien aidé par une excellente étanchéité à l’air. Cela correspond bien au ressenti actuel.

Vérification PHPP2007

La mauvaise, c’est le besoin en énergie primaire, qui s’approche de la limite. Et grâce au PHPP, vous avez immédiatement l’explication : Besoins énergétiques

Sans surprise, le chauffage électrique par effet joule (les sèches-serviettes électriques des salles de bains) pénalise le bilan en énergie primaire. Ceci explique les réticences du PassivHaus Institute concernant ce mode de chauffage basique et gourmand. Mais ça passe, vus les très faibles besoins de chauffage de la maison.

Le vrai coupable pas vraiment attendu, c’est le chauffage de l’eau. Il demande plus que le chauffage de toute la maison ! En cause, les déperditions importantes dans le circuit de distribution d’eau chaude, telle que calculées dans le PHPP. Dans le calcul, les pertes dans ce circuit doublent l’énergie demandée pour chauffer l’eau, tout simplement. Cela annule (ou valide) le surdimensionnement des capteurs solaires qui n’apportent finalement que la moitié de l’énergie nécessaire au chauffage de l’eau.

La réalité devrait être plus verte : les longueurs de tuyau et même leurs diamètres sont moindres que celles présents dans le calcul, l’isolation des tuyaux a été soignée (quand ils ne sont pas enfouis dans 20 cm de mousse de polyuréthane), les déperditions réelles devraient être sensiblement diminués.

N’empêche : le PHPP a bien identifié le point faible du bilan énergétique et, en plus, le rend facilement accessible. Voilà qui pourrait orienter une amélioration future et servir de leçon aux futurs rénovateurs. Car ces déperditions sont dus à l’éloignement du ballon, placé au sous-sol au même endroit que l’ancien. C’est un exemple typique des contraintes de la rénovation !

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